Vitrolles, La Saulce, Tallard

Vitrolles : L’auberge du Vivas

Il devait être environ 18 heures, la nuit était tombée, lorsque Napoléon s’arrête à l’auberge du Vivas sur la Commune de Vitrolles. L’auberge est la propriété d’Eugène, François, Auguste d’Arnaud de Vitrolles nommé baron par Napoléon en 1812 mais secrétaire d’Etat de Louis XVIII en 1815.

Le maire d’Upaix, César de Saint-Genis qui accompagne l’empereur lui fait remarquer qu’il traverse les terres d’un homme qui, tenant tout de sa bonté, avait contribué à sa perte par les moyens les plus indignes. Napoléon répondit :
« Je veux qu’il sache que je lui ai fait une petite visite. »

La Saulce

Après avoir quitté l’auberge du Vivas, Napoléon et son escorte traverse le village de La Saulce à la clarté des illuminations et au bruit des cris de Vive l’Empereur. A la sortie du village, la troupe s’engage dans le défilé étroit entre la rivière Durance et montagne.
A la sortie de ce passage dangereux, à l’auberge des Piles, au confluent du torrent Le Rousine avec la Durance, des habitants de Tallard, de Fouillouse, d’Urtis et d’autres villages ovationnent Napoléon et dansent la farandole autour d’un feu de joie.

 

7 avril 1815 : la bataille des Piles

D’un côté, un millier d’hommes et des habitants fidèles à Napoléon, commandé par le général Chabert, de l’autre 5 000 royalistes avec à leur tête les généraux Loverdo et Ernoulf. Le combat s’engage à l’entrée du village de La Saulce. Mais peu à peu, l’armée royaliste rentre dans le village de La Saulce, et n’affronte plus d’opposition.
La retraite des soldats du général Chabert n’était qu’une feinte. L’avant-garde de l’armée royaliste s’engagea aventureusement dans le défilé, passage dangereux entre la montagne et la Durance suivi de près par une partie importante des troupes. Au détour de la route, près des Piles, ils se trouvèrent face au tir de deux canons et un feu roulant de mousqueterie. Au même moment, des masses énormes de rochers, de pierres et de bois roulèrent des crêtes de la montagne, envoyées par les habitants. Pris au piège, les Marseillais fuirent, certains traversèrent la Durance pour se sauver à travers champs, d’autres s’y noyèrent. Pris de panique, et gagnée par l’indiscipline, l’armée royaliste capitula.
Cette bataille mit fin à un mois d’occupation des troupes royalistes entre Gap et Sisteron.

 

TALLARD

De Tallard à la Tourronde

Logeant le torrent Le Rousine sur la commune de Tallard, Napoléon gagne le hameau de La Tourronde à l’entrée de Gap par la plaine de Lachaup où des habitants de Sigoyer, Pelleautier, Neffes et Châteauvieux l’acclament.

19 mars 1815 : Menace à Tallard

Le 19 mars, Tallard est menacé par le général Loverdo, commandant les troupes royalistes d’une contrainte militaire de 400 hommes si le bateau qui permet de traverser La Durance n’était pas coulé. Conseillé par Pierre-Antoine Farnaud, le conseil municipal de Tallard plongea en partie le bateau dans l’eau dans un recoin de la rivière peu fréquentée et soustrait au regard. Puis, d’anciennes cordes et agrès furent envoyées à Sisteron pour témoigner de l’exécution de l’ordre du général.