Napoléon à Gap

L'entrée dans Gap

Napoléon entre dans Gap par la porte Colombe, entrée sud de la ville. De là le cortège suit la rue Droite et s’avance jusqu’à la place Saint-Etienne puis l’auberge Marchand. Pierre-Antoine Farnaud, secrétaire général de la Préfecture décrit l’arrivée de Napoléon vers les dix heures du soir.

« Le cortège survient ; Bonaparte à cheval avec quelques-uns de ses généraux, couvert de son manteau, occupait le milieu de deux lignes que formaient ses soldats. C’était bien lui. D’ailleurs son petit chapeau à trois cornes n’était-il pas là pour m’affermir dans ma conviction. »

 

 

La proclamation aux habitants

C’est dans l’auberge Marchand, qu’avant de quitter Gap, Napoléon rédige la proclamation aux habitants des départements des Hautes et Basses Alpes :

"Citoyens,
J’ai été vivement touché de tous les sentiments que vous m’avez montrés.
Vos voeux seront exaucés. La cause de la Nation triomphera encore.
Vous avez raison de m’appeler votre père ; je ne vis que pour l’honneur et le bonheur de la France.
Mon retour dissipe toutes vos inquiétudes […]
Dans toutes les circonstances où je pourrai me trouver, je me rappellerai toujours avec un vif intérêt, tout ce que j’ai vu en traversant votre pays.
"

 

 

7 MARS : 2 900 royalistes occupent Gap

A la première nouvelle du débarquement de Napoléon, 1800 royalistes Marseillais demandent l’autorisation au général Masséna, gouverneur militaire de Marseille, de partir pour barrer la route à Napoléon. Quand Masséna leur donna le signal de départ, la tentative se solda par un échec car ils atteignirent Sisteron après le passage de Napoléon.

Néanmoins, les volontaires marseillais poursuivirent leur route jusqu’à Gap voulant châtier Gap de son insolence et de sa témérité d’avoir accueilli Napoléon. L’effectif des troupes royalistes gonfla au fil des jours avec l’arrivée le 11 mars de 700 volontaires du Var et le 13 mars de 400 hommes de la garde nationale marseillaise. Le 14 mars, ils quittent Gap menacés par l’arrivée d’un corps de 1 800 hommes fidèles à Napoléon.

Les royalistes Marseillais occupent à nouveau Gap le 28 mars et en sont chassés le 31, encore le 3 avril mais mis en retraite le 4 avant la dernière expédition qui se terminera par la bataille des Piles à La Saulce le 7 avril.

 

Les aigles de l'entrée de Gap

Les aigles de l’entrée de Gap, érigés sur un piédestal, paraissent s’être posés ici pour signifier que l’on est bien sur la route Napoléon rappelant cette phrase de l’Empereur écrite à Golfe Juan le 1er Mars 1815 dans sa lettre A l’armée :
« L’Aigle avec les couleurs nationales volera de clochers en clochers jusqu’aux tours de Notre Dame ».


Ces aigles rendent hommage à Napoléon lorsqu’il décida le 9 octobre 1810, de créer un dépôt de mendicité dans l’ancienne caserne de la ville de Gap à l’abandon. Les aigles avaient été placés sur le portail de la caserne. On les voit sur une photo prise par Camille Rava, photographe à Gap, en septembre 1866 lors de l’inauguration de la statue du baron de Ladoucette.


En 1871, les deux aigles royaux qui étaient sur les piliers de la porte d’entrée de la cour de la caserne sont enlevés. Ils furent placés au Château Girard.


En mars 1887 la caserne vieille devint la caserne Desmichels du nom du général Louis Alexis Desmichels.